Un post avec dedans : la honte cosmique. Et puis des livres, aussi, quand même.

Oui, je sais. Presque un mois sans poster, c’est nul. Surtout que c’est pas comme si j’avais pas lu entre temps, hein. J’ai juste pas eu le courage, entre le boulot, la fatigue et les arrêts maladie. Voilà.

Je vais pas perdre mon temps à essayer de me justifier, donc on va passer directement au vif du sujet, si tu veux bien.

Ces dernières semaines, j’ai lu :

AnnoDraculaAnno Dracula, Kim Newman : « Londres, 1888. L’obscur voile de la terreur est tombé sur la capitale depuis que la reine Victoria s’est unie au sulfureux comte Dracula. Sous son influence, les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des vampires, toujours plus puissants. Mais la riposte ne se fait pas attendre. Dans les sinistres ruelles de Whitechapel, un assassin surnommé Scalpel d’Argent massacre les prostituées aux canines un peu trop aiguisées. Lancés dans la traque du tueur, Geneviève Dieudonné, une vampire à la jeunesse éternelle, et Charles Beauregard, espion pour le Diogene’s Club, vont devoir gravir les échelons du pouvoir. Et s’approcher dangereusement du souverain le plus sanguinaire qu’a jamais connu le royaume. Cette nouvelle édition du classique de Kim Newman comprend des bonus totalement inédits : scènes supplémentaires, interviews, fin alternative et bien d’autres surprises ». Ça faisait longtemps que je voulais lire ce livre, dont ma femme m’a fait l’apologie à maintes reprises. C’est désormais chose faite (en dehors des bonus), et je ne regrette pas : c’est bien écrit, prenant, et perso si tu me mets entre les mains une dystopie faisant se croiser Dracula, Jack l’éventreur, Moriarty et le Dr Jekyll, je ne me sens plus de joie. Alors évidemment, il faut aimer les ambiances un peu steampunk et adhérer au parti pris sans trop se poser de questions, mais pour le coup, ça fonctionne, et je me suis beaucoup amusée à essayer de retrouver toutes les références disséminées dans le bouquin (que je n’ai sûrement pas toutes trouvées, mais bon, ça fait partie du jeu). Note : 16,5/20.

S.C.U.M Manifesto, Valerie Solanas : je suis tombée sur ce texte (disponible en libre accès ici) un peu par hasard, en lisant une note de blog. C’est paraît-il un des textes fondateurs du féminisme moderne. Écrit en 1967, c’est surtout un pamphlet cathartique, plus que réellement un essai philosophique, et je pense que c’est strictement comme ça qu’il faut le prendre. Sinon, malgré quelques idées fondamentales (la destruction du patriarcat, la déconstruction de la virilité, par exemple), tu risques de te prendre dans la gueule une diarrhée verbale misandre et essentialiste assez hallucinante, et te dire que les féministes sont toutes des tarées haineuses. En tout cas, on peut pas dire que ça laisse indifférent-e. Pas de note ici, ce n’est pas la qualité littéraire qui compte.

rko_200La répulsion de Karst Olenmyl, Sébastien Gollut : « Le voyage de Karst Olenmyl touche à sa fin tandis que le village de Selme point à l’horizon. La destination aura monopolisé tous ses efforts, toute son attention… Il ignore d’ailleurs ce qu’il doit accomplir là-bas. Peut-être le saura-t-il sur place ? Hélas, une force incroyable lui interdit l’accès du hameau ; soufflé, vaporisé, son corps disparaît. Quelque part sur le continent dévasté des Jémellides, un homme s’éveille péniblement. Il se nomme Karst Olenmyl. Il est amnésique, et seul brûle dans son esprit un impératif lancinant : il doit se rendre à Selme ». Offert lors d’une soirée dédicaceGriffe d’encre aux Caves alliées (oui, encore), je dois bien avouer que ce court roman fait partie de mes très rares déceptions concernant cette maison d’édition. Le format excessivement court y est sans doute pour quelque chose : alors que l’univers proposé, correctement développé, aurait pu donner quelque chose de génial, tout le récit reste superficiel. Les personnages, tout comme le contexte, sont à peine effleurés, et leurs motivations quasiment pas justifiées. Finalement, on se retrouve dans la peau du personnage principal : amnésiques, sans connaissance aucune du monde qui nous entoure. Ce qui aurait pu se justifier si le récit avait été construit uniquement autour de la réflexion de ce personnage, or ce n’est pas le cas, puisque l’auteur alterne les points de vue. C’est très dommage, parce que les thèmes abordés auraient pu faire quelque chose de super intéressant (la rôliste en moi s’est surprise à tenter de construire un univers, une mythologie et un système de jeu cohérents autour des éléments esquissés dans le roman, ce qui est généralement bon signe chez moi). Franchement si ce bouquin avait fait 300 pages, ça aurait pu être une tuerie. Là, c’est juste frustrant. Note : 12/20.

elements2_airÉlément II : L’air, anthologie dirigée par Magalie Duez (éditions Griffe d’encre) : « Regardez autour de vous, vous ne voyez rien de spécial ? Pourtant, il est là, invisible, impalpable, si présent que l’on a parfois tendance à l’oublier, et pourtant indispensable. On a besoin d’air pour respirer, pour vivre… et du vent pour emmener au loin les nuages qui parfois assombrissent l’horizon. L’air est nécessaire, c’est vrai, mais il peut devenir destructeur quand il est vicié ou vient à manquer ; et quand le vent se met à rugir en emportant tout sur son passage, les conséquences peuvent être mortelles…Ce deuxième élément, c’est certain, a de quoi vous couper le souffle ! ». Acheté lors de la même soirée dédicaces aux Caves, je possédais déjà le premier recueil de la série (Élément I : La terre), que j’avais beaucoup aimé. Ce deuxième livre est le digne successeur du premier, même si évidemment, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer. Alors que La terre se lisait presque de façon chronologique, avec clairement un fil conducteur (très) pessimiste, je n’ai pas retrouvé cette impression de continuité ici. Il y a évidemment pas mal de nouvelles qui se concentrent sur un futur très sombre, mais également quelques textes plus légers disséminés ici et là, un peu comme une bouffée d’oxygène (ohoh, jeu de mots pourri inside) au milieu d’une plongée en apnée. Tout petit bémol, strictement personnel : j’avais déjà lu la nouvelle de Jeanne A-Debats ailleurs (je ne saurais plus dire où), mais bon, ça ne m’a pas gâché la lecture. Note : 16,5/20, comme son prédecesseur.

noirez_le_chemin_des_ombresLe chemin des ombres, Jérôme Noirez : « Au cœur au Japon des premiers âges, la jeune princesse Amaterasu dirige le clan Isanami frappé par la tragédie. Les parents de l’adolescente ont disparu et son frère Susanowo a été exilé dans la forêt. Depuis, il vit comme une bête rongée par la haine. Mais une double menace va les rapprocher. Leur mère, souveraine du royaume des morts, a lâché sur eux ses démons, et la toute puissante Himiko qui règne sur l’empire du Nord a rassemblé l’élite de ses soldats pour détruire le clan. L’intelligente princesse et le farouche guerrier devront unir leurs différences pour survivre sur le chemin des ombres ». Roman jeunesse de Jérôme Noirez qui traînait dans ma bibliothèque et qui pour je ne sais quelle raison avait échappé à ma vigilance. J’avais beaucoup aimé Fleurs de dragon et L’ombre du Shogun, dont l’histoire se situait également dans le Japon médiéval, mais Le chemin des ombres me paraît destiné à un public un peu plus jeune (encore que, de toute façon, les romans jeunesse de Noirez ne sont pas vraiment ce qu’on pourrait appeler « tous publics »), car si ça reste un bouquin très bien écrit et une lecture très plaisante, j’ai trouvé que le récit et surtout les personnages manquaient un peu de profondeur et de développement. C’était sans doute trop rapide pour que je m’attache réellement à Amaterasu et son frère, et ça aurait sans doute mérité une centaine de pages supplémentaires pour en faire un excellent roman. Mais si tu cherches un truc rapide à lire, que tu aimes les récits mi-contes de fées mi-mythes fondateurs, que le Japon médiéval te fait kiffer et que tu apprécies un joli style d’écriture, alors go for it. Note : 14/20.

CDF_200Chasseurs de fantasmes, anthologie dirigée par Jeanne A-Debats et Michaël Fontayne (éditions Griffe d’encre) : L’union entre l’Imaginaire et l’Érotisme serait-elle contre-nature ? Pour répondre à cette question, onze auteurs ont volé l’arc d’Éros afin de traquer le sens même des sens, le sens même du sexe. Ces chasseurs d’un « mauvais genre » l’ont poursuivi sur les planètes lointaines où renaît l’humanité et l’amour avec elle, entre les lignes de codes de leurs maîtresses cybernétiques ou sous les plumes de leurs amants ailés, au fond du précipité de leurs philtres d’amour, au cœur des abîmes d’où sourdront l’acmé et la fin, sur les peaux dévoilées où sèche un filet de salive, dans les yeux captivés de leurs compagnons d’extase ». Également acheté lors de la même soirée (ou offert, je sais plus, tout ce que je sais c’est que je suis repartie avec deux bouquins gratuits), c’est comme son nom et le résumé l’indiquent, une anthologie de cul, appelons une chatte une chatte, veux-tu. Bon, j’ai toujours un peu de mal avec la littérature « érotique » (qu’elle soit « de genre » ou pas, bien que l’érotisme soit déjà un genre en soi), parce que je trouve ça souvent chiant et cliché, trop métaphorique ou au contraire trop porno (d’ailleurs quand j’écrivais du slash sur FFnet, les scènes de cul m’angoissaient toujours à mort, c’est une horreur à écrire). Le cul c’est à la fois le truc le plus ET le moins universel du monde, du coup, c’est typiquement le genre de littérature dont tu sais que ça ne peut jamais plaire à tout le monde. Le postulat de départ était culotté et à mon avis, assez nécessaire (effectivement, on peut pas dire que ça batifole beaucoup en SFFF, d’une manière générale). Le résultat est, étonnamment, plutôt réussi. Je vais pas te dire que ça m’a fait frétiller le slip, mais les thèmes abordés et leur traitement sont intéressants, et c’est déjà pas mal du tout. Note : 15/20.

J’ai lu aussi :

Les trucs habituels et en particulier le hors-série consacré à la nuit de Science & Vie, à la conclusion particulièrement déprimante.

Cette semaine, je lis :

Sans doute un des bouquins que j’ai achetés dernièrement (au grand dam de ma banquière), très probablement le dernier recueil de nouvelles de Lisa Tuttle (qui s’est souvenue de moi quand j’ai fait dédicacer mon bouquin, yay !) (bon ok, c’était à cause de mon prénom à la con qu’il a fallu lui épeler trois fois, mais eh, c’était il y a deux ans, donc quand même, yay).

Je te laisse, je retourne (encore) chez mon médecin, et on essaie de se retrouver plus tard dans la semaine pour des recettes.

——————–

Humeur du jour : mourir. Sérieux, je sais plus quoi faire pour arrêter d’avoir des putains de courbatures TOUT LE TEMPS.

État du Neurone : grillé.

État du Poual : mou.

Coup(s) de gueule du moment : la CAF qui a décidé de me couper mes allocs parce que j’ai gagné moins d’argent que ce que j’ai déclaré, et qui me réclame des sous (LA LOGIQUE). Mon nouveau micro-ondes qui décide de ne plus fonctionner à peine 24h après son arrivée. La régul de charges de mon immeuble, qui tombe TELLEMENT bien (bon, comparé à l’année dernière c’est du pipi de belette, mais quand même, zut). Et je t’en passe, hein, parce que sinon on n’a pas fini.

Coup(s) de cœur du moment : alors oui ok j’ai plutôt pas trop bien vécu ma dernière séance de tatouage mais le résultat vaut le coup. Sinon, en gros, on va dire que malgré la non coopération de mon système nerveux, je réussis malgré tout à maintenir une vie sociale à peu près décente, et crois-moi j’en ai bien besoin. Et à part ça, j’ai un nouveau robot de cuisine qui déboîte.

Dans les z’yeux : les arrêts maladie aidant, je me suis enquillé l’intégrale de Teen Wolf. Tout est de la faute de ma femme, bien entendu. Sinon, j’ai vu Snowpiercer et c’est le truc le plus déprimant que j’ai vu depuis un moment. Et puis je me suis spoilé le dernier Captain America à cause de Marvel’s agents of SHIELD, ce qui est nul. Et évidemment, GoT a repris, donc je suis au taquet tous les lundi. Ah oui, j’ai aussi réussi à convertir le Troll à Misfits, je suis donc fierté.

Dans les z’oreilles : Et puisqu’on parle de Misfits…Skepta – Rolex Sweep (vandalism remix) (bande-son S01E04).

Rendez-vous sur Hellocoton !

Publicités
commentaires
  1. Tu avais lue la nouvelle de jeanne-a Debats dans son recueil stratégie du réenchantement, mais la première édition de cette nouvelle était dans cette anthologie « Air » :)
    JAD (aka elle cause comme alain delon)

    • Myschka dit :

      Exact ! Christophe des Caves alliées me l’avait prêté il y a quelques temps, et je l’avais bien aimé (en revanche je ne cache pas que cette nouvelle particulière m’avait foutrement mise mal à l’aise, concernant la fin – mais je suppose que c’est voulu).

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s