C’est lundi, que lisez-vous ? #58

Publié: 29 octobre 2013 dans ...Quoi de neuf ?, Je suis une lectrice compulsive, Ma vie (ma Lose, mon poisson rouge)

Un post featuring : Johnny Rotten, des zombies, des fées, des succubes, des robots. Bref, le dernier Anthelme Hauchecorne.

Ouais, ouais, je sais ce que tu vas dire : putain, elle abuse, elle poste encore à des heures pas possibles. Mais cette fois j’avais une bonne excuse, vu que j’étais en train de me faire martyriser par mon tatoueur.

Allez, je ne te fais pas attendre plus longtemps.

La semaine dernière, j’ai lu :

punknotdeadPunk’s not dead, Anthelme Hauchenorne : « À quoi l’Apocalypse ressemblerait-elle, contée par un punk zombie ? Qu’adviendrait-il si le QI des français se trouvait d’un coup démultiplié ? Un grand sursaut ? Une nouvelle Révolution, 1789 version 2.0 ? Est-il sage pour un mortel de tomber amoureux d’un succube ? Les gentlemen du futur pourront-ils régler leurs querelles au disrupteur à vapeur, sans manquer aux règles de l’étiquette ? Comment se protéger des cadences infernales, de la fatigue et du stress au travail, lorsque l’on a le malheur de s’appeler « La Mort », et d’exercer un métier pour laquelle il n’est pas de congés ? Autant de sujets graves, traités entre ces pages avec sérieux. Ne laissez pas vos neurones s’étioler, offrez une cure de Jouvence à vos zygomatiques. Cessez de résister, accordez-vous une douce violence…De toute évidence, PUNK’S NOT DEAD a été écrit pour vous ». Comme je te le disais l’autre jour, ce bouquin m’a été gentiment envoyé en service presse, l’auteur m’ayant mailé pour me demander si je voulais le lire. Pas folle la guêpe, j’ai évidemment accepté, déjà parce que mon portefeuille ne dit jamais non à un bouquin, surtout gratuit, mais aussi et surtout parce que j’avais plutôt kiffé les précédents bouquins du monsieur. Ceci étant précisé, tu commences à me connaître, c’est pas parce qu’on me file des trucs gratos que je vais passer la pommade à reluire, et quand je trouve que ce que je lis est une énorme bouse, je le dis. Bon, cela dit, étant donné que j’avais aimé les autres ouvrages d’Hauchecorne, tu te doutes bien que je suis loin d’avoir détesté celui-ci. Sur les treize nouvelles proposées, il n’y en a aucune que je n’ai pas aimée. Il y en a que j’ai moins appréciées que d’autres : Voodoo Doll et La grâce du funambule, bien que plaisantes à lire (surtout le Funambule, car le texte présente la particularité de ne contenir aucun élément « imaginaire », au contraire de tous les autres), grâce notamment au style en hyper-reconnaissable de l’auteur, m’ont parues relativement anecdotiques, surtout comparées à la puissance d’autres textes comme celui qui ouvre ce « cercueil » de nouvelles, Décembre aux cendres, fable post-apocalyptique absolument magistrale, digne des Zola les plus noirs, et dont j’espère sincèrement pouvoir lire une suite un jour. Comme dans Baroque’n’roll, le précédent recueil d’Hauchecorne, mêmes les nouvelles les plus drôles cachent une part d’ombre : l’humour grotesque et burlesque de Sarabande mécanique et des Gentlemen à manivelle n’essaie même pas de dissimuler la déliquescence inévitable du genre humain, et Johnny Rotten dans No Future fait certes un zombie plutôt content de son sort, mais, eh, c’est parce que c’est le dernier punk et qu’il avait prédit l’Apocalypse depuis bien longtemps. Finalement, le texte le plus léger reste encore Sale petite peste !, car même une épidémie de peste noire est drôle quand elle est décrite à la façon de Pratchett. Le būto atomique nous renvoie douloureusement à Fukushima ; dans La ballade d’Abrahel, ce ne sont pas les démons qui sont les plus cruels et les plus dégénérés, et avec La Guerre des Gaules, si on peut entrevoir une lueur d’espoir presque incongrue au milieu de tout ce bordel, c’est surtout le futur qu’elle nous laisse deviner pour la France (presque trop proche et presque trop plausible) qui fait grincer des dents. Quant au texte qui clôt le livre, Le Roi d’Automne, dont la longueur en fait presque une novella, ceux et celles qui ont lu Âmes de verre se douteront qu’à Samain, tous les bonbons ont le goût du sang. Bref, ne t’attends pas à trop rigoler, ou alors jaune-cirrhose, avec un arrière-goût de gueule de bois, parce que tu vas t’en prendre plein la tronche, et y a même des chances que t’aimes ça. Le tout servi bien entendu par le style flamboyant d’Hauchenorne : la langue est toujours aussi riche (même si clairement le garçon a ses mots préférés et les utilise sans retenue : j’ai arrêté de compter combien de fois j’ai lu le mot « chtonien » au fil du bouquin, ahah), et les dialogues, bien que manquant clairement de naturel et penchant parfois vers la grandiloquence (mais-tu-sais-à-quel-point-je-suis-maniaque-sur-les-dialogues, édition 3612), sont d’un lyrisme brut époustouflant qui me feraient presque oublier que-je-suis-maniaque-sur-les-dialogues (édition 3613). Du côté de la forme et de l’édition elle-même : côté ultra-positif, une couverture et des illustrations intérieures qui poutrent,  et les coulisses du texte à la fin de chaque nouvelle pour un éclairage sur leur genèse ; côté négatif, quelques fautes et coquilles qui se baladent encore un peu (c’est ma fibre nazie de l’orthographe qui s’exprime), et une couverture souple qui se corne facilement et aurait peut-être mérité d’être un peu plus résistante. Mais bref, pour résumer et parce que j’en ai quand même pondu trois kilomètres : cours-y vite, c’est de la bonne. Note : 16,5 /20.

J’ai lu aussi :

Les trucs habituels.

Cette semaine, je lis :

Aucune idée, je vais sans doute piocher au hasard dans ma PAL, y a des promos numériques chez ActuSF, du coup j’ai craqué.

Je te laisse, et on se retrouve bientôt pour de nouvelles aventures.

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Humeur du jour : steak haché.

État du Neurone : migraineux.

État du Poual : bobtail.

Coup(s) de gueule du moment : coucou, qui c’est qui va encore aller se battre avec Darty pour faire changer son lave-linge de l’enfer ?

Coup(s) de cœur du moment : mon tatouage. Et puis finalement la paie de ce mois-ci n’a pas trop baissé.

Dans les z’yeux : finalement, Sleepy Hollow, c’est pas si mal, même si c’est complètement fumé. Concernant Once upon a time in Wonderland, c’est bien parce qu’il y a Michael Socha qui joue dedans que je continue à regarder, parce que bonjour les effets spéciaux moisis. Sinon, The Paradise a repris, et la midinette fan d’Au bonheur des dames en moi frétille de joie.

Dans les z’oreilles : Lou Reed – Perfect day (tristement de circonstance, RIP, tout ça).

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