C’est lundi, que lisez-vous ? #51

Publié: 9 septembre 2013 dans ...Quoi de neuf ?, Fangirlisme acharné, La vie des autres (hommages divers), Ma vie (ma Lose, mon poisson rouge)

Un post featuring : peu de bouquins, mais alors, du très très bon.

Ma tourterelle à la mirabelle, mon état de fatigue constant a fait que cette semaine, j’ai eu un peu de mal à turbiner autant que je l’aurais voulu question lectures, MAIS PUTAIN C’EST DE LA BONNE BÉBÉ. C’est parti.

La semaine dernière, j‘ai lu :

Sept secondes pour devenir un aigle, Thomas Day : « Lumière Noire a dit : « J’ai mes croisés, mes anges, et maintenant ma papesse… ». Une île du Pacifique à la fois tombeau de Magellan et unique territoire d’un arbre à papillons endémique… Un homme au visage arraché par un tigre mais qui continue de protéger « la plus belle créature sur Terre », coûte que coûte… Un Sioux oglala sur le chemin du terrorisme écologique… Un trio de jeunes Japonais qui gagne sa vie en pillant la zone d’exclusion totale de Fukushima… Des Aborigènes désœuvrés cherchant dans la réalité virtuelle un songe aussi puissant que le Temps du Rêve de leur mythologie… Une Terre future, post-Singularité, inlassablement survolée par les drones de Dieu… ». Bon. Si tu me suis depuis un moment, tu sais peut-être que je suis très fan de Thomas Day et qu’il fait partie de mes auteurs francophones préférés : j’ai donc précommandé le livre pour le recevoir avant sa sortie officielle et je me suis jetée dessus dès que je l’ai eu entre les mains. Tu sais aussi qu’il y a peu de demi-mesures possibles avec lui : on accroche ou pas, et il faut avoir une certaine affinité avec le sang, la sueur et les larmes (voir d’autres fluides corporels), bien qu’avec le temps, l’auteur ait appris à mettre un peu d’eau dans son vin (un peu, hein, on est pas non plus chez les bisounours). Ici Thomas Day explore notre rapport à la nature, dans six nouvelles qui s’étalent dans le temps et l’espace, de la seconde guerre mondiale à un futur pas si lointain, de l’Asie à l’Amérique en passant par l’Océanie – et je pense qu’il est préférable de les lire dans l’ordre pour mieux appréhender ce qui m’a paru comme inéluctable dans le tout dernier texte, Lumière Noire, dont la longueur en fait presque une novella : on fonce un peu dans le mur, et les conséquences ne sont pas forcément celles qu’on attend. C’est un bouquin qui fait voyager et qui fait réfléchir, et qui n’est pas franchement confortable (mais ça c’est habituel avec Thomas Day), il y a beaucoup de fatalisme là-dedans. C’est dur, violent, poétique, à la fois triste et peut-être, seulement peut-être, si on accepte la fatalité, un tout petit peu porteur d’espoir (mais on sait bien qu’accepter c’est renoncer, donc en fait, pas vraiment). Et c’est un peu une petite tuerie, mais ça tu t’en doutais depuis le début. Bref, il sort en librairie ce jeudi, et je conseille de te jeter dessus sans attendre. Note : 17,5/20.

Mordred, Justine Niogret : « La légende veut que Mordred, fruit des amours incestueuses d’Arthur et de sa sœur Morgause, soit un traître, un fou, un assassin. Mais ce que l’on appelle trahison ne serait-il pas un sacrifice ? Alité après une terrible blessure reçue lors d’une joute, Mordred rêve nuit après nuit pour échapper à la douleur. Il rêve de la douceur de son enfance enfuie, du fracas de ses premiers combats, de sa solitude au sein des chevaliers. Et de ses nombreuses heures passées auprès d’Arthur, du difficile apprentissage de son métier des armes et de l’amour filial. Jusqu’à ce que le guérisseur parvienne à le soigner de ses maux, et qu’il puisse enfin accomplir son destin ». Alors, comment te dire. Vendredi j’étais à l’hôpital et comme en plus j’étais complètement crevée, normalement j’aurais dû rentrer chez moi sans attendre. C’était sans compter la soirée dédicaces aux Caves, organisée par les Indés de l’imaginaire (Mnémos, Actu SF et Les Moutons électriques). Il y avait Justine Niogret et son dernier bouquin, il était donc impensable que je n’y aille pas (je t’ai déjà dit que j’étais complètement amoureuse de son travail, n’est-ce pas ?). Bref, j’ai eu mon bouquin et ma dédicace, j’ai pu déclarer mon amour inconditionnel à Justine Niogret (qui en plus est choupinette comme c’est pas permis), et dès le lendemain, je me suis (encore) jetée dessus comme la misère sur le pauvre monde. Et sans tergiverser plus longtemps, je te l’affirme haut et fort : cette relecture de l’histoire de Mordred est un chef d’oeuvre, voilà. On y retrouve le style impeccable de Niogret, à la fois dur et onirique, charnel et distant, c’est plein de désespoir et d’amour, et putain c’est abominablement triste (j’ai pleuré en lisant les dernières lignes). Et en même temps c’est tellement logique que ça se passe comme ça : le premier chapitre prend alors tout son sens et on se rend compte que, ouais, effectivement, ça n’aurait pas pu se passer autrement. Je ne peux pas trop t’en dire plus, ça te gâcherait l’histoire, mais vraiment, achète ce livre, c’est une merveille (d’ailleurs achète tous les livres de Niogret, tu ne seras pas déçu-e). Note : 18,5/20.

Funérailles, tome 1 (Fortunate Sons), Florent Maudoux : « REM, une cité décadente où les images diffusées par les cyclopes font et défont les dieux. Entre trahisons et complots, Fortunate Sons raconte l’histoire du dernier héros de cette civilisation et comment il a donné naissance au mythe de Funérailles ». Après Rouge, qui s’intéresse au passé de Xiong Mao, Florent Maudoux sort un deuxième spin-off de Freaks’Squeele, centré cette fois-ci sur le personnage de Funérailles. Contrairement à Rouge, le graphisme est le même que pour Freaks’Squeele, mais l’ambiance y est beaucoup plus sombre, et l’univers m’a surprise, dans le sens où les fondements de la société dans laquelle évoluent Scipio et Prétorius, les jumeaux séparés à la naissance à cause des lois de la cité, sont assez différents de ceux décrits dans Freaks, à quelques détails près, comme l’omniprésence des caméras – ce qui laisse croire à une évolution semblable à celle qu’à connue l’Europe après la chute de l’Empire romain (d’ailleurs la cité où se déroule l’action présente pas mal de similitudes avec la Rome antique). C’est un univers cruel sous un vernis de civilisation, il y a du pain, des jeux et des freaks évidemment. Beaucoup de politique et de manipulations également, mais tu si tu as lu Freaks ça ne te surprendra pas. Je ne veux pas en dire trop de peur de spoiler, mais ce premier tome est une véritable réussite, qui laisse présager une excellente série à venir. Est-ce que je vais lire la suite ? Absolument, oui. Est-ce que je vais acheter la suite ? Y a des chances. Note : 16,5/20.

J’ai lu aussi :

Des scans de manga pas forcément enthousiasmants, des tonnes d’articles féministes en anglais, un magazine de hipster (Fricote, pour ne pas le nommer, qui a la bonne idée de combiner bouffe, mode et graphisme).

Cette semaine, je lis :

Je ne sais pas trop. Sans doute un des deux autres bouquins que j’ai achetés à la soirée des Indés, probablement celui de Jaworski, Même pas mort. On en reparle la semaine prochaine.

Je te laisse, c’est l’heure de mon rendez-vous hebdomadaire avec L’attaque des Titans.

——————–

Humeur du jour : décalée.

État du Neurone : quel neurone ?

État du Poual : tiens, un cheveu blanc.

Coup(s) de gueule du moment : j’en ai marre d’être crevée, bordel.

Coup(s) de coeur du moment : peut-être une partie de JDR vendredi \o/

Dans les z’yeux : toujours des Disney, toujours du retard dans mes séries (j’ai renoncé à le rattraper).

Dans les z’oreilles : Foals – Bad Habit.

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commentaires
  1. Pix dit :

    Ça me branche bien Sept secondes pour devenir un aigle, de Thomas Day.
    Tu m’as mis l’eau à la bouche, sang, sueur, larmes dans un futur post-Singularité.

    Donc d’après toi je devrais avant tout me lancer sur, Lumière Noire avant de commencer
    cette nouvelle lecture, si j’ai bien compris.

    En même temps j’ai l’impression que cela se rapproche, Babylon Babies de G. Dantec
    ce qui ne pourrait pas me déplaire.

    Si c’est vraiment du lourd, ça promet une bonne soirée en perspective
    donc à ne pas louper.

    Tiens tiens, mais où est passée la recette pancakes ?
    Il va falloir que je m’achète des lunettes, à moins qu’elle soit cachée dans une autre rubrique.

    Bises Miss Tip.

    • Myschka dit :

      Sept secondes est effectivement très bien. Par contre, non, Lumière Noire est la dernière nouvelle du bouquin, et la dernière à lire. Il y a une chronologie et une sorte d’escalade au fur et à mesure des nouvelles. Beaucoup de recueils de nouvelles peuvent se lire comme on veut, en choisissant un texte au hasard, mais là en l’occurrence, je pense qu’il vaut mieux les lire dans l’ordre.

      La recette des pancakes arrive demain :)

  2. Pix dit :

    Oh mon Dieu il y a encore des gens qui répondent à cette heure-ci, il faut croire que je ne suis pas le seul zombie cette nuit.

    Bon moi j’écoute, Juliette And The Licks – I Am My Father’s Daughter
    heureusement que j’ai des bons murs, sinon mes voisins se fracassaient la tête dessus.

    Bises.

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